AMIANTE : Le grenier de la maison était une partie commune !
ⳠLa procédure dure depuis 14 ans...
Fin 2008, vente dâun logement en centre-ville ; Ă premiĂšre vue, il sâagit dâune petite maison R+1 (2 piĂšces), accolĂ©e Ă de nombreuses autres bĂątisses, identiques les unes aux autres (le tout formant une « barre » homogĂšne).
Cet alignement de maisons est surmontĂ©, sur toute sa longueur, dâune toiture ardoise Ă deux pans abritant un vaste grenier non cloisonnĂ©.
Avant la vente, lâagence immobiliĂšre charge un diagnostiqueur dâeffectuer un repĂ©rage.
Sur place, lâopĂ©rateur ne trouve aucun matĂ©riau amiantĂ©.
A lâĂ©tage, apercevant une trappe au plafond, lâintĂ©ressĂ© parvient Ă ouvrir celle-ci, ce qui lui permet dâexaminer, trĂšs partiellement, le grenier (obscuritĂ© et encombrement obligent).
â ïž ProblĂšme : ce grenier consiste en une partie commune.
Contrairement aux apparences, notre « barre » forme une copropriété horizontale réunissant divers logements sous un grenier commun.
AprĂšs la vente, lâacquĂ©reur apprend fortuitement que le plancher du grenier est recouvert dâune couche fibreuse de couleur grise : de lâamiante !
âïž Mise en cause de lâopĂ©rateur. Celui-ci se retourne contre nĂ©gociateur et notaire, pour nâavoir pas su expliquer Ă lâacquĂ©reur que le grenier, partie commune, nâĂ©tait pas dans la vente.
En revanche, lâacte notariĂ© Ă©nonce quâaucun diagnostic des parties communes nâa Ă©tĂ© effectuĂ©.
Un premier jugement dĂ©boute lâacquĂ©reur. En effet, celui-ci se plaint de lâĂ©tat des parties communes, qui se rĂ©vĂšlent amiantĂ©es. Or, lĂ©galement, câest au syndic de sauvegarder les parties communes.
Autre idĂ©e Ă retenir de la dĂ©cision rendue : quand la mission se limite aux parties privatives, toujours veiller Ă ne pas sortir (mĂȘme involontairement, comme ici) de la mission reçue, par exemple en accĂ©dant Ă un grenier non privatif (ou Ă toute autre partie commune).
Ici, le simple fait que lâopĂ©rateur ait eu accĂšs au grenier a permis Ă lâacquĂ©reur de lui chercher querelle, alors mĂȘme que le diagnostic confiĂ© par le vendeur ne concernait pas â du moins en thĂ©orie â les parties communes.
Injuste (fort heureusement, lâacquĂ©reur a Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©, mais aprĂšs 14 annĂ©es de procĂ©dure, tout de mĂȘme...).
Selon les juges, lâacquĂ©reur ne pouvait invoquer aucun prĂ©judice, fĂ»t-il moral. En effet, lâon ne peut prĂ©tendre avoir cru acheter un bien « zĂ©ro amiante » quand lâacte notariĂ© Ă©nonce quâaucun diagnostic des parties communes nâa Ă©tĂ© effectuĂ©.
Conseils pratiques.
SystĂ©matiquement demander au donneur dâordre de prĂ©ciser, si possible par Ă©crit, (ou, Ă tout le moins, en veillant Ă reprendre les dĂ©clarations « critiques » du DO dans le rapport final, voire dans le mot dâaccompagnement de celui-ci), si le bien :
- dispose de combles accessibles par une trappe,
- relĂšve, ou pas, dâune copropriĂ©tĂ©.
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January 12, 2026